Mobile First : Décryptage d’un concept avec notre expert Brice Machu

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Le 12 mai dernier, Brice Machu, pilote de Formation en Informatique & Marketing Digital à CESI, a animé un webinar dédié au Mobile First. L’objectif était d’en présenter les différents aspects techniques dans le cadre d’un projet web mais également d’en appréhender les notions, les gains et les impacts dans la stratégie de développement d’une entreprise. En sa qualité d’expert, Brice en a démontré les enjeux et la capacité qu’a un centre de formation, tel que CESI, à accompagner ses partenaires dans ce domaine. Il nous explique ici les grands principes d’une tendance en pleine expansion.

En quoi consiste le concept « mobile first » ?

Le concept de mobile first est une manière de procéder. Le principe est de se focaliser sur l’usage des mobiles comme 1er moyen d’accès aux ressources du net, et notamment aux sites web, puis, d’utiliser ce principe pour construire un site. Aujourd’hui, on sait que plus de 60% du trafic internet concerne une recherche par smartphone* ; même si l’on note des écarts d’usages entre les générations, des différences entre les secteurs d’activité ou encore les cadres sociaux… Le smartphone est l’outil majoritaire. Partant de ce constat, on considère que toutes les équipes actives dans le développement des technologies et moyens de communication au sein d’une entreprise se doivent de travailler conjointement pour apporter une solution clé en main ergonomique, qui soit adressée en priorité aux utilisateurs de mobiles.

*sources : Cisco et Statista

Pourquoi choisir de réaliser un site web d’après ce concept plutôt qu’un développement « classique » ?

C’est une perception d’usage incontournable. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le smartphone est aussi bien un passe-temps qu’un outil professionnel. Aujourd’hui, il détient la majorité des informations et des réponses ; on ne peut plus passer à côté. De plus, au sein de  la certification OPQUAST, il est même devenu un standard, une norme reconnue dans la réalisation de sites web de qualité.

Bien souvent, les entreprises craignent de perdre des informations en se focalisant sur une ergonomie mobile car le développement d’un site en Mobile First nécessite un travail important de synthèse. En effet, afin d’assurer une communication efficace, les contenus doivent être transformés, sélectionnés et affinés pour aller plus à l’essentiel. Ainsi, les messages passent plutôt au travers de motion design, de pictos ou d’icônes qui ont du sens ; de vidéos et de témoignages pertinents qui fédèrent, plutôt que par du texte. C’est un challenge de repenser et de transformer autant l’information tout en véhiculant une image positive, mais tout est possible si la qualité des contenus est au rendez-vous !

Quels sont les avantages d’une démarche en Mobile First ?

Le Mobile First permet d’amener du cadre, d’harmoniser la structure d’un site, de le moderniser.

Il donne l’illusion à l’internaute d’être sur une application mobile mais, en réalité, il n’y a pas de différence avec une conception PC ; il s’agit simplement de repenser la stratégie de pubs et de contenus pour les promouvoir différemment.

L’internaute cherchera toujours à acquérir rapidement une information. Avec le Mobile First, on reprend généralement une même architecture de base, que l’on décline selon le site souhaité, ce qui permet de dupliquer facilement les modèles en restant simple et efficace. En somme, on familiarise l’internaute avec une même structure et une même chronologie de site afin de créer des habitudes de navigation qui lui apporteront efficacement ce qu’il recherche. Jusque dans la manière de concevoir les maquettes, l’idée est de poser des réflexes dont il ne faut pas sortir afin d’être efficace.

Il faut savoir également que cela permet un meilleur référencement sur Google. Le moteur encourage, en effet, les contenus fortement « responsive » par un bon référencement naturel du site dans le classement des pages du moteur. Si le dit-site n’est pas responsive et optimisé pour mobile, ce dernier se trouve dégradé ! Cependant, il est toujours possible d’améliorer le référencement d’un site qui n’est pas conçu en Mobile Fisrt au moyen de quelques subtilités de codage mais les critères du référencement sont complexes. Globalement, on sait que le temps de téléchargement d’un site, la compression de ses fichiers et images, l’affichage correct dans l’espace disponible d’un écran ou encore l’accessibilité des menus et des liens cliquables sont des paramètres déterminants dans le ranking Google et ce sont des critères induits dans le Mobile First.

Comment savoir si un site a été développé en mobile first ?

On peut repérer un site dit « Mobile First » au moyen de quelques critères :  

  1. L’aspect visuel : Le chargement du site et de ses pages est optimisé pour le téléchargement mobile. Par exemple, le format des pages propose une lecture verticale et les images sont au format portrait. Généralement, le header (partie haute du site qui contient le plus souvent une image) s’affiche intégralement et parfaitement dans la hauteur du smartphone.
  2. Les effets visuels : Dans le Mobile First, les effets visuels sont simples. Par exemple, il n’y a pas d’effet de survol, d’apparition de texte sur des photos lorsque l’on passe une souris dessus, car sur mobile cette information ne peut pas être accessible. Les contenus sont donc agencés autrement, au moyen de titres et de sous-titres et de textes courts, par exemple. On retrouve également un système de carrousel ou encore de menu accordéon.
  3. L’information : Les informations du site sont bien hiérarchisées au moyen de styles et de tailles différentes, dans des espaces définis et séparés les uns des autres.

Comment faire pour être dans une démarche Mobile First ?

Lorsque l’on va réfléchir à la réalisation d’un site, puis en concevoir la maquette, on va d’abord se projeter sur : Que cherchent mes visiteurs ? Pourquoi viennent-ils sur mon site ? Ensuite, on va vouloir que l’internaute y reste le plus longtemps possible, et surtout qu’il revienne, afin d’assurer une expérience utilisateur « réussie ».

On va principalement procéder par étapes :

Selon toi, quelles sont les perspectives d’évolution du concept Mobile First ?

Aujourd’hui, bien que le Mobile First commence tout juste à se généraliser et à devenir un modèle de référence, le concept n’est plus vraiment une nouveauté. En effet, il est apparu en 2015 mais les concepteurs et développeurs sont formées seulement aujourd’hui car il a fallu que les pratiques et les usages mobile se généralisent car, d’ici 2021, on estime que les mobiles devraient atteindre 61% du trafic Internet mondial*.

Cependant, deux tendances se dessinent dans l’évolution du Mobile First. D’une part, le concept englobe aujourd’hui de nouveaux formats, et ce notamment à cause des tailles des devices mais également du développement des écrans pliables.

D’autre part, on note une véritable émergence du vocal dans l’utilisation des nouvelles technologies. Dans 5 ou 10 ans, on pourrait donc imaginer que la majorité des utilisateurs piloteront de nombreuses actions en vocal ; leurs recherches, leurs achats et leurs paiements en ligne par exemple… Ces usages entraineront nécessairement l’intégration du vocal directement dans les sites – pour la reconnaissance et les commandes vocales mais également pour les interactions – afin de ne pas perdre les utilisateurs et d’encourager leurs actions par la voix et non plus par le doigt. On serait alors dans une expérience « Vocal First » mais cela reste encore hypothétique.

* Sources : Cisco et Statista

Quelle est l’importance de former les jeunes au Mobile First ?

Si l’entreprise veut accentuer sa croissance sur le web, il faut qu’elle se dote de moyens plus fonctionnels, qui lui donnent plus de visibilité afin de permettre une meilleure expérience online à ses clients. L’objectif est de motiver la croissance de l’entreprise en générant plus de trafic, plus de clics voire plus d’achats, d’où la nécessité pour elle d’intégrer des nouveaux profils qui ont cette compétence. In fine, ce qui importe, c’est que l’utilisateur ne soit pas frustré en quittant un site web car les effets négatifs sont aujourd’hui rapidement amplifiés par les communautés parallèles, les réseaux, les partages d’avis, positifs et négatifs, en seulement quelques clics. Pour cela, il faut pouvoir mobiliser les ressources humaines nécessaires au bon fonctionnement des SI en entreprise.